Elisabeth Pouilly – Abstract

Les « Midnight movies » : un cinéma d’engagement(s).

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ABSTRACT

« Midnight movies » : a cinema of commitment(s).

« Midnight movies », while staying outside the global film production, managed to create a real sphere of influence in the cinema of the 70s. Their name already explains their origin: the movie is qualified as « Midnight movie » because the picture show was scheduled at midnight. The first theater to throw this concept was Elgin Theater of New York, and the first « midnight movie » went out there in 1970: El Topo, directed by Alejandro Jodorowsky.

We shall review the common characteristics between these, particularly the production and the process of making these films, which distinguish them from the film production of the time.

These movies ask for the commitment of the spectator. First of all, to go to watch them: theaters were restricted, the advertising was made by the word-of-mouth, the picture show is similar to a rite for initiated. But some of these movies also ask for the physical commitment of the spectator, as in The Rocky Horror Picture Show of Jim Sharman.

They finally highlight people not or under-represented in mass media: transsexuals, transvestites, handicapped persons… By their provocative power, these movies lead to think a new fringe element of society: the marginality, to integrate it in a counterculture.

Keywords: Midnight movies, cinema, commitment, rite, provocation, counterculture.

RÉSUMÉ

Les « Midnight movies », tout en restant en marge de la production cinématographique globale, ont réussi à créer une véritable mouvance dans le cinéma des années 70. Leur nom explique déjà leur origine : est qualifié de « Midnight movie », le film dont la séance est programmée à minuit. Le premier cinéma à lancer ce concept a été le Elgin Theater de New York, et le premier « film de minuit » y est sorti en 1970 : El Topo, d’Alejandro Jodorowsky. Nous examinerons les caractéristiques communes à ces films, notamment leur mode de production et de réalisation, qui les distingue du reste de la production cinématographique de l’époque.

Ces films demandent l’engagement du spectateur. Tout d’abord pour aller les visionner : les salles sont restreintes, la publicité se fait par bouche-à-oreille, la séance de cinéma s’apparente à un rituel pour initiés. Mais certains de ces films demandent également l’engagement physique du spectateur, comme dans The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman.

Ces films enfin mettent au devant de la scène des personnes non ou sous représentés dans les medias de masse: les transsexuels, les travestis, les handicapés… Par leur puissance provocatrice, ces films amènent à penser une nouvelle frange de la société : la marginalité, pour l’intégrer dans une contre-culture.

Mots-clefs : Midnight movies, cinéma, engagement, rituel, provocation, contre-culture.